lundi 09 janvier 2012
Le cimetière des anciens combattants se situe à Batié, capitale de la Province du Noumbiel dans le Sud-Ouest du Burkina Faso.
Le Noumbiel est une province à la forme étroite coincée entre le Ghana et la Côte d'Ivoire (on le surnomme "l'orteil du Burkina Faso"), actuellement sous-peuplé avec moins de 200 000 habitants, le Noumbiel était il y a quelques décennies, une province de garnison, l'essentiel des militaires étant basé à Batié.

Chargé de surveiller les frontières situées à quelques kilomètres à peine, la garnison était importante du temps de la colonisation. En 1932, la Haute-Volta est démantelée ; la partie Nord et Nord-Ouest du pays sera annexée à l'ancien Soudan français (actuellement le Mali), le Niger récupère le Liptako et l'Oudalan, les deux-tiers sud du pays deviendront la "Haute Côte d'Ivoire".
Batié abritait alors le commandement militaire du secteur ; la frontière du Ghana (anciennement Côte d'Or) alors colonie anglaise, étant toute proche.
Il ne reste quasiment rien de cette époque, hors mis la résidence du Haut-Commissaire de Batié, ancienne résidence du commandant de la garnison (un français), et ce cimetière, réservé aux anciens combattants tirailleurs sénégalais.



Le cimetière se trouve dans un bois de teck au bord d'une des pistes principales à l'entrée (ou la sortie) de Batié, proche du maquis " Bar vla Baar ".
Peu connu des habitants qui le confondent avec l'actuel cimetière, ce cimetière est actuellement dans un grand état d'abandon.
Malgré plusieurs projets annoncés par la municipalité (construction d'un mur de clôture, réhabilitation des tombes ...), il est encore en octobre 2011, ouvert à tous. Les teck poussent dans les tombes, de nombreux tumuli sont brisés, les plaques d'identifications sont en partie disparues.
Le cimetière consiste en une quarantaine de tombes disposées parallèlement en plusieurs rangées. Les tombes sont toutes sur le même modèle : un rectangle inférieur à la taille d'un homme, bordé de cailloux de latérite taillée en carrés. Sur un des petits côtés, on trouve posé sur la terre, un tumulus en terre crue d'environ 50cm de haut recouvert d'une fine couche de ciment sur laquelle est prise une petite plaque circulaire ou en forme de coeur (environ 10 cm de diamètre) donnant le nom, le matricule et la date de décès du soldat. Suivant les modèles de plaques, les renseignements sont légèrement différents, hors mis le nom, prénom et date de décès du militaire.


Certains sites internet font état de tombes comportant des noms de fonctionnaires français ; en 2011 tous les noms trouvés sur place ont une consonnance africaine (Afrique de l'Ouest), ce qui pourrait montrer l'état de la dégradation et des vols des plaques. Dans un coin du cimetière, plusieurs tombes récentes montre la continuité dans l'habitude d'enterrer ses proches dans ce lieu. Il semblerait toutefois que la municipalité ait désormais interdit toute inhumation, au profit d'un autre cimetière situé sur une colline proche.



Les dates remontent exclusivement aux années trente : la plus ancienne de 1930, la plus récente (hors mis les tombes de la fin du XXème siècle) date de 1938. Il s'agit donc de la période où la Haute-Volta est démantelée (elle ne sera reconstituée qu'en 1947).
Beaucoup de plaques tombales sont manquantes : les tumuli ayant été détériorés, mais parmi celles encore visibles ; on peut noter trois genres différents


Une seule plaque fait allusion à l'année de naissance du soldat (1902), mais il ne faut pas oublier que la notion de date de naissance n'a pas grande importance dans la tradition d'Afrique de l'Ouest.
La majeure partie des soldats était tirailleurs sauf deux gradés sous-officiers : un sergent-chef et un brigadier chef, et un grade plus surprenant : " interprète 4ème classe ".
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LISTE DES PLAQUES SUR PLACE
La liste est non exhaustive car il a été difficile de repérer toutes les plaques
plusieurs plaques ont été arrachées des tumuli
certaines sont en partie abîmées, rendant la lecture plus difficile.




